COP22, on participe ! Objectif : améliorer son empreinte carbone digitale

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On peut penser que le digital permet de limiter les émissions de gaz à effet de serre (moins de papier, d’imprimantes, d’encre, de déplacements, etc.) et que par extension, l’utiliser c’est faire un bon geste pour l’environnement, mais pas forcément. Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir si votre clic était écologique ? Pas si facile de s’en rendre compte.

Si on regarde de A à Z le cycle de vie de nos ordinateurs, smartphones et autres devices, entre les matières premières utilisées, l’énergie qu’il faut pour les faire fonctionner et leur traitement une fois qu’ils ont rendu l’âme, on s’aperçoit que ce n’est pas vraiment aussi « vert » qu’on le pense. Finalement, moins de papier et de déplacements, ça ne suffit pas pour compenser le fait que le numérique pollue.

La COP22 a démarré depuis quelques jours. Un bon prétexte pour penser à mon rôle en tant que citoyenne et aux conséquences de mes actes sur l’environnement, notamment en tant qu’étudiante dans la communication digitale. Au quotidien, on utilise tous ou presque le digital sans soupçonner la production de CO2 engendrée. Regarder une vidéo, répondre à un email, cliquer sur “répondre à tous”, télécharger et enregistrer une pièce jointe, etc. Comment ces actions participent-elles à la production de CO2 ?

Une étude de l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’Énergie), publiée en novembre 2014, identifie deux indicateurs pour traduire les impacts environnementaux d’Internet et des emails. En premier lieu, il y a un “impact climatique” lié à la consommation d’énergie engendrée par la production et le fonctionnement des matériels. Et puis, il y a l’impact sur les matières premières notamment les métaux.

Le plus gros de l’énergie dépensée est attribué à la production et au fonctionnement des Data Centers. Ces centres de données accueillent d’innombrables serveurs qui stockent temporairement toutes les informations qui passent sur Internet (contenu web, boîtes mails, pièce jointes, etc.). Ces centres sont allumés 24h/24 et produisent beaucoup de chaleur, il faut donc les refroidir en permanence. Il y en a de plus en plus car les échanges de données sont considérables et augmentent chaque années. “En 2009, il s’est échangé 247 milliards de courriers électroniques chaque jour dans le monde”. Or, “L’envoi de 33 emails d’1 Mo à 2 destinataires par jour et par personne génère annuellement des émissions équivalentes à 180 kg de CO2”. Je vous laisse faire le calcul pour l’ensemble des emails mondiaux. A ce jour, l’énergie dépensée dans les TIC (Technologies de l’information et de la communication) reste faible globalement (2 à 3%), mais celle-ci tend à augmenter rapidement car nous sommes de plus en plus d’utilisateurs “multi-devices”.

L’autre impact non négligeable mais plus difficile à chiffrer est celui concernant l’épuisement des métaux, en tout cas ceux employés dans l’industrie de l’électronique. En effet certains métaux utilisés sont rares, et pourtant la demande augmente rapidement alors que la durée de vie de ces composants est de plus en plus courte. Par ailleurs, les conditions d’extraction des minerais permettant de produire ces composants ont leur propre impact sur leur environnement direct. Enfin, la grande majorité de ces produits ne sont pas recyclés. Un chiffre qui prend de l’ampleur vue la tendance qui consiste à changer de support régulièrement : en moyenne, un smartphone tous les dix-huit mois, même s’il est encore en état de marche.

Alors si comme moi vous avez décidé de faire attention à votre empreinte écologique, voici des pistes qui pourraient vous aider dans cette démarche :

Des petits efforts valent mieux que pas d’effort du tout, adoptez des petits éco-gestes quotidiens
  • Débranchez vos appareils car, branchés, ils consomment toujours de l’énergie.
  • Stockez vos documents sur un disque dur plutôt que sur un cloud. Selon le blog Green IT, transporter une donnée sur le web consomme deux fois plus d’énergie que de la stocker pendant un an.
  • Faites le tri dans vos emails, cela fera de la place sur les serveurs. Qui dit plus de place, dit pas besoin d’en produire plus.
  • Cliquez sur “répondre à tous” uniquement si c’est indispensable. Un email c’est déjà polluant, alors multiplié par 5 à chaque fois, vous imaginez ?
  • N’imprimez pas vos emails, sauf si vous ne pouvez pas faire autrement. Selon l’Ademe, “diminuer de 10% le taux d’impression des emails reçus par les employés d’une entreprise de 100 personnes permettrait un gain de 5 tonnes de CO2 sur un an (soit l’équivalent d’environ 5 aller-retour Paris/New-York)”, énorme !
  • On évite aussi le podcast, le replay et le streaming en général si on peut regarder ses émissions en live ou acheter CD et DVD.
  • Utilisez vos appareils le plus longtemps possible. Ce n’est pas parce que l‘on n’a pas l’Iphone dernière génération que c’est la fin du monde ;)
Optez pour une boîte mail au bilan carbone neutre

Nous l’avons vu, il est bien difficile de se rendre compte a priori de notre impact environnemental par le numérique. Mais, on a bien vu aussi que les emails, ce n’est pas “vert” du tout. Dans une démarche d’amélioration de mes effets sur l’environnement, j’ai découvert Newmanity Mail, une boîte mail lancée en 2015 par Newmanity, une start-up française. La nouveauté, c’est qu’elle stocke les données dans des data centers alimentés par des énergies renouvelables (situés au Pays-bas). Elle est gratuite pour les particuliers tandis que la version professionnelle est à 4 euros par mois et par boîte mail. Elle compte, aujourd’hui, environ 20 000 utilisateurs quotidiens.

Les plus :

  • Votre vie privée est protégée parce qu’ils n’utilisent pas vos données personnelles et ne lisent pas vos emails
  • Elle reverse 20 % de l’abonnement annuel des entreprises à une association. Les employés choisissent dans une liste présélectionnée par Newmanity, celle qu’ils veulent soutenir.
  • Elle recycle ses composants

Si Newmanity ne vous convainc pas, il existe Posteo. Pour 1 euros par mois, Posteo vous met à disposition une boîte mail écologique, sûre et sans publicité. Sa consommation d’énergie est à 100% fournie par Greenpeace Energy, acteur qui garantit une véritable électricité verte. Il n’y a pas de publicité, ni sur le site Internet, ni dans la boîte mail. Vous pouvez vous inscrire sans communiquer vos données personnelles et procéder au paiement de manière anonyme, que ce soit par virement, espèces ou par le biais de Paypal.

Les plus :

  • Adresse IP, données personnelles non sauvegardées
  • Pas de commercialisation des données
  • Acteur au modèle très engagé dans sa démarche écologique
  • Acteur solidaire envers des ONG protectrices de l’environnement
Tournez-vous vers des moteurs de recherche qui compensent les émissions de C02

Par exemple, il existe Lilo, un moteur de recherche qui, comme le dit sa signature : « compense le carbone de vos recherches ». Gratuit, pertinent et solidaire, il a tout pour nous séduire !

Le concept est simple. Lorsque l’on fait une recherche sur Lilo, on obtient une “goutte d’eau”. Celle-ci correspond à un somme d’argent obtenue par la publicité présente sur le site. 50 % de l’argent généré par la pub en question finance le fonctionnement du moteur de recherche ; et les 50 % restant sont attribués à des associations à but non lucratif (dont certaines écologiques) via les gouttes d’eau redistribuées par les utilisateurs.

De plus, ce moteur de recherche reste performant et pertinent en termes de résultats de recherche car il compile les résultats des grands moteurs de recherche comme Yahoo ou Google. Ceci en protégeant l’utilisateur du tracking. En effet, en passant par Lilo et non directement par ces moteurs de recherche bien connus, l’utilisateur évite de se faire analyser et traquer par les outils de tracking intégrés à Yahoo ou Google. Et Lilo ne possède pas ce genre d’outils.

Les plus :

  • On soutient des projets associatifs et/ou écologiques
  • On trouve des résultats pertinents tout en étant protégé

Si l’idée d’accumuler des gouttes d’eau ne vous suffit pas, vous pouvez alors replanter des arbres. Ecosia, est né en 2009, d’une start-up berlinoise. Ce moteur de recherche a fait de la préservation de la forêt amazonienne son fer de lance. Grâce à des liens publicitaires, l’entreprise reverse 80 % de ses revenus à l’association brésilienne The nature Conservancy. Les 20 % qui restent, lui servent à compenser ses émissions de CO2 et celles des recherches effectuées par les utilisateurs, puis à rémunérer les acteurs du projet (Plus d’informations sur Conso Globe).

Les plus :

  • Son partenariat avec Bing et Yahoo garanti des résultats pertinent
  • Traduit dans 28 langues
  • On peut suivre le nombre d’arbres plantés
Outre l’amélioration de l’emprunte carbone digitale, pensez à recycler vos équipements numériques

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, 75 % des DEEE (Déchets d’équipement électriques et électroniques) ne sont pas recyclés. Or ce sont des objets qui contiennent des substances dangereuses, des métaux lourds et des polluants toxiques. Il faut donc veiller à ce que leur traitement soit réalisé avec précaution. Comme le dit Frédéric Bordage, dans le blog Green IT, « Ces objets sont si toxiques que l’Europe a mis au point une réglementation spécifique il y a plus de 10 ans avec, notamment, les directives RoHS (Restriction of Hazardous Substances), WEEE (Waste of Electrical and Electronical Equipments), Eco-Design (qui porte sur l’énergie et les matières premières nécessaires à leur fabrication), et encore de nombreuses autres ». Au vu, donc, du chiffre de l’Ademe, il n’y en a qu’une petite part qui est vraiment recyclée comme il se doit. Effectivement, la majorité finissent dans des décharges, dans les pays du tiers monde à la portée des enfants ou font l’objet de trafics illégaux. Etant donné que nous changeons de plus en plus souvent d’appareils alors qu’ils fonctionnent toujours, la part des DEEE non recyclés tend à s’accroître. Ainsi, veillons bien à déposer nos équipements dans des points de collecte sûrs ou bien intégrons-les dans le cycle de l’économie solidaire afin qu’ils soient réparés et réutilisés. Dans les magasins Fnac, Leroy Merlin et Simply par exemple, des boîtes sont à disposition, pour les y déposer. Pour savoir s’il y en a près de chez vous, consultez l’annuaire Recyclage informatique ici.

Pas si évident d’être irréprochable quand il s’agit de son empreinte carbone et qui plus est, digitale ! Mais maintenant plus d’excuses pour ne pas agir, au moins un peu. Simplement, nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice et contribuer à un développement durable. D’ailleurs, pour celles et ceux dont le cerveau foisonne d’idées pour apporter des solutions au changement climatique, rendez-vous sur la plateforme collaborative du MIT Climate Colab. A nos clics pour changer nos usages face aux outils et réseaux numériques !

 

Marina Alves
Engagée et sociable, toujours en progrès, j’aime travailler en équipe, notamment sur des problématiques de communication digitale. Les sujets qui me touchent au quotidien sont la culture, l’environnement et les actions d’entraide.
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A propos Marina Alves

Engagée et sociable, toujours en progrès, j’aime travailler en équipe, notamment sur des problématiques de communication digitale. Les sujets qui me touchent au quotidien sont la culture, l’environnement et les actions d'entraide.

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